Bad tripes

Tiens, c’est marrant, ce matin, je suis de bonne humeur.
J’aurais pu m’énerver facilement, parce que la première chose que j’ai entendu en allumant la radio, c’est cette phrase : «C’qu’y a d’plus grave, c’est qu’y a plus d’tripiers!».
Bon, c’était cet abruti de Jean-Pierre Coffe, ça explique l’ampleur de la catastrophe. Y a plus d’tripiers! Tu parles que je m’en fous, qu’il n’y ait plus de tripiers, déjà que je suis pratiquement végétarien !
Après on a parlé d’abats sur France inter pendant un bon quart d’heure et puis, bien sûr, on est passé à Sarkosy, (c’est dans le cahier des charges), et moi sur France Culture. Le matin très tôt, je suis moins vif, c’est pour ça que j’ai écouté, au bord de la nausée, le Jean-pierre me raconter les tripes, les rognons, le boudin, avec force détails et trémolos dans la voix. J’ai eu le réflexe d’attraper la télécommande juste avant de vomir mon croissant !
Je ne supporte pas les bons vivants.
Ils m’emmerdent.
Les «becs fins», avec leur obsession de la bonne chère, ils sont indécents. Moi aussi, je préfère manger des bonnes choses que des saloperies, je préfère aussi respirer de l’air pur et ne pas subir les cons, si on va par là !
Mais, comme dans la vie, tout n’est qu’affaire de comparaison, il faut rencontrer beaucoup de cons pour apprécier un type bien et manger aussi des trucs simples pour se régaler d’un mets raffiné.
Surtout, ils me fatiguent, les chantres de la convivialité, avec leur bonheur au fond de l’assiette et leur prosélytisme.
Merde ! Il y a quand même des choses plus importante que l’estomac, on a une révolution à faire, nom d’une pipe!
Des poseurs, tous autant qu’ils sont.
Le «bien manger», le bien être, le bien vivre, c’est du domaine de l’intime. Jean-Pierre : c’est pas parce que tu manges à ta faim qu’il faut venir nous faire vomir dés l’aube, à l’heure où blanchie la campagne, ( je mets un petit morceau de poésie entre deux tranches de vulgarité !)
J’attends l’émission de radio ou de télé sur le «bien chier», elle est pour bientôt, il n’y a que vos boyaux qui vous intéressent.
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