Le petit monde De la bédé !
C’est le festival de la Bandes Dessinée d’Angoulême…
Le pic de la BD dans les médias, c’est-à-dire pas grand-chose en réalité comparé à la couverture médiatique de la moindre manifestation sportive.
Néanmoins, c’est tout de même l’occasion ici ou là de « causer BD ». C’est le grand moment pour ces insupportables « exégètes de la Bande Dessinée ». Les spécialistes incontournables qui d’un ton docte et pénétré sortent poncifs sur poncifs devants des journalistes aussi incompétents qu’eux, mais ravi de « faire modernes » en « parlant bédé ».
Qu’est-ce qu’ils ont l’air sérieux et intelligents, ces exégètes. Des universitaires, des intellectuels, des qui en ont entre les oreilles.
Toujours les mêmes ; les gardiens du dogme, les grands prêtres de la religion, les coupeurs de cheveux en quatre…
Cette année, il me semble que la couverture média est plutôt légère,( c’est peut-être dû au fait que j’ai passé le week-end à couper du bois !). Je suis tout de même tombé sur Serge Tisserond aussi pertinent qu’un directeur d’institut de sondage dont d’ailleurs, il a le phrasé suffisant.
C’est une nouvelle tendance : la bande dessinée s’intellectualise à fond les manettes ces dernières années. C’est d’autant plus évident que les auteurs de BD sont de plus en plus cultivés. Cette nouvelle génération extraordinairement prolifique qui en très peu de temps a créé un nouveau courant est constituée de lascars qui ont fait des études supérieures. Je peux me tromper, mais j’ai l’impression qu’on est passé de fils de prolos, à gosses de bourgeois en une génération. La BD ayant peu à peu acquit une image moins négative et apparaissant comme un bizness qui peut rapporter gros, (des fois !) , les familles ont moins découragé les vocations.
Comme les classes sociales plus favorisées sont aussi pragmatiques, leurs rejetons ont eu la possibilité de faire des études, histoire d’assurer le coup.
Les médias se retrouvent donc avec ce qu’ils appellent des « bons clients », des auteurs qui « passent bien », qui ont du vocabulaire et de la tchatche.
Attention, je ne dis pas que les « anciens » sont tous des autistes analphabètes, il y a quelques « bon clients » bien connus : les incontournables Tardal & Bili qui ont leurs ronds de serviettes à Radio-France. Ce n’est d’ailleurs pas injustifié, ces deux-là sont toujours intéressants, ils ont des choses à dire et à mon avis, ils ont beaucoup fait pour l’image positive de la bande dessinée,( sans parler de leurs oeuvres ). Néanmoins, ce sont tout de même des arbres qui cachent la forêt.
Aujourd’hui, les médias mettent en avant « la nouvelle BD », ce qui énerve les auteurs qui ne font pas partie de ce courant. Il y a un effet de mode et un manque de curiosité de la part des journalistes qui accentuent encore la chose et fini par rendre insupportable la surmédiatisation de certains.
D’autant que les chevilles enflent et les têtes tournent, ce qui est humain.
J’ai commencé à réfléchir à tout ça après avoir reçu un e-mail énervé d’Al Coutelis dessinateur que je ne connais pas personnellement, mais dont j’aime bien le dessin à la fois classique et enlevé. Le métier est difficile, et je comprends son agacement. Toute la société est en mutation et « le petit monde de la BD » l’est aussi…Et par certains côtés, je trouve ça passionnant. Les auteurs « nouvelle BD » ont su créer un genre nouveau, au graphisme rapide, efficace et esthétique adapté à l’époque. Ils ont conquis un public sur des territoires inexplorés par le passé. Personnellement, je suis très « client » de ces auteurs, bien que je ne fasse pas partie de leur chapelle, car s’en est une. Ils ont réussi une synthèse intéressante, de modernité et d’influences classiques de leurs lectures d’enfance. Ils se servent de tout ce qui les a précédés dans un seul but : l’efficacité.
Je comprends très bien que ce soit eux qui soient mis en avant par le milieu journalistique branchouille parisien, c’est logique. Ce qui est dommage, c’est qu’avec le système de (sur)production actuel, on ait d’un côté « la BD dont on cause » et de l’autre des milliers d’albums, et donc d’auteurs, mis dans le grand sac de la « BD commerciale », avec tout ce que ça présente de péjoratif.
Le fait qu’il n’existe pas une réelle « critique » en bande dessinée, les articles se contentant généralement de reprendre le dossier de presse ou de suivre la tendance du moment, n’arrange rien.
Ce clivage « nouvelle BD / BD commerciale » est curieux, puisque finalement, la BD à la mode se vend très bien et donc après avoir aidé le mouvement, les médias servent la soupe à des auteurs « phares » qui font déjà de grosses recettes, merci pour eux.
C’est normal aussi. Comme en littérature, en variété, en cinéma…Les médias montrent des gens connus du public, car ce qui intéresse le public c’est d’entendre parler des gens qu’il connaît.
Qu’il est con ce public hein ?
À suivre…

Le pic de la BD dans les médias, c’est-à-dire pas grand-chose en réalité comparé à la couverture médiatique de la moindre manifestation sportive.
Néanmoins, c’est tout de même l’occasion ici ou là de « causer BD ». C’est le grand moment pour ces insupportables « exégètes de la Bande Dessinée ». Les spécialistes incontournables qui d’un ton docte et pénétré sortent poncifs sur poncifs devants des journalistes aussi incompétents qu’eux, mais ravi de « faire modernes » en « parlant bédé ».
Qu’est-ce qu’ils ont l’air sérieux et intelligents, ces exégètes. Des universitaires, des intellectuels, des qui en ont entre les oreilles.
Toujours les mêmes ; les gardiens du dogme, les grands prêtres de la religion, les coupeurs de cheveux en quatre…
Cette année, il me semble que la couverture média est plutôt légère,( c’est peut-être dû au fait que j’ai passé le week-end à couper du bois !). Je suis tout de même tombé sur Serge Tisserond aussi pertinent qu’un directeur d’institut de sondage dont d’ailleurs, il a le phrasé suffisant.
C’est une nouvelle tendance : la bande dessinée s’intellectualise à fond les manettes ces dernières années. C’est d’autant plus évident que les auteurs de BD sont de plus en plus cultivés. Cette nouvelle génération extraordinairement prolifique qui en très peu de temps a créé un nouveau courant est constituée de lascars qui ont fait des études supérieures. Je peux me tromper, mais j’ai l’impression qu’on est passé de fils de prolos, à gosses de bourgeois en une génération. La BD ayant peu à peu acquit une image moins négative et apparaissant comme un bizness qui peut rapporter gros, (des fois !) , les familles ont moins découragé les vocations.
Comme les classes sociales plus favorisées sont aussi pragmatiques, leurs rejetons ont eu la possibilité de faire des études, histoire d’assurer le coup.
Les médias se retrouvent donc avec ce qu’ils appellent des « bons clients », des auteurs qui « passent bien », qui ont du vocabulaire et de la tchatche.
Attention, je ne dis pas que les « anciens » sont tous des autistes analphabètes, il y a quelques « bon clients » bien connus : les incontournables Tardal & Bili qui ont leurs ronds de serviettes à Radio-France. Ce n’est d’ailleurs pas injustifié, ces deux-là sont toujours intéressants, ils ont des choses à dire et à mon avis, ils ont beaucoup fait pour l’image positive de la bande dessinée,( sans parler de leurs oeuvres ). Néanmoins, ce sont tout de même des arbres qui cachent la forêt.
Aujourd’hui, les médias mettent en avant « la nouvelle BD », ce qui énerve les auteurs qui ne font pas partie de ce courant. Il y a un effet de mode et un manque de curiosité de la part des journalistes qui accentuent encore la chose et fini par rendre insupportable la surmédiatisation de certains.
D’autant que les chevilles enflent et les têtes tournent, ce qui est humain.
J’ai commencé à réfléchir à tout ça après avoir reçu un e-mail énervé d’Al Coutelis dessinateur que je ne connais pas personnellement, mais dont j’aime bien le dessin à la fois classique et enlevé. Le métier est difficile, et je comprends son agacement. Toute la société est en mutation et « le petit monde de la BD » l’est aussi…Et par certains côtés, je trouve ça passionnant. Les auteurs « nouvelle BD » ont su créer un genre nouveau, au graphisme rapide, efficace et esthétique adapté à l’époque. Ils ont conquis un public sur des territoires inexplorés par le passé. Personnellement, je suis très « client » de ces auteurs, bien que je ne fasse pas partie de leur chapelle, car s’en est une. Ils ont réussi une synthèse intéressante, de modernité et d’influences classiques de leurs lectures d’enfance. Ils se servent de tout ce qui les a précédés dans un seul but : l’efficacité.
Je comprends très bien que ce soit eux qui soient mis en avant par le milieu journalistique branchouille parisien, c’est logique. Ce qui est dommage, c’est qu’avec le système de (sur)production actuel, on ait d’un côté « la BD dont on cause » et de l’autre des milliers d’albums, et donc d’auteurs, mis dans le grand sac de la « BD commerciale », avec tout ce que ça présente de péjoratif.
Le fait qu’il n’existe pas une réelle « critique » en bande dessinée, les articles se contentant généralement de reprendre le dossier de presse ou de suivre la tendance du moment, n’arrange rien.
Ce clivage « nouvelle BD / BD commerciale » est curieux, puisque finalement, la BD à la mode se vend très bien et donc après avoir aidé le mouvement, les médias servent la soupe à des auteurs « phares » qui font déjà de grosses recettes, merci pour eux.
C’est normal aussi. Comme en littérature, en variété, en cinéma…Les médias montrent des gens connus du public, car ce qui intéresse le public c’est d’entendre parler des gens qu’il connaît.
Qu’il est con ce public hein ?
À suivre…

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