19 heures 55
Nous voici plongés dans l’obscurité.
Ah oui, il faut que je vous dise, chez moi, le lobby écologiste est très puissant.
J’ai beau prétendre que c’est encore un coup des fabricants de cierges, qu’on est manipulé par le Vatican, ma fille et sa maman ont décidé de sauver un peu la planète de 19 h 55 à 20 h.
Ce qu’il y a de merveilleux avec les enfants, c’est que la moindre petite chose devient un événement et c’est la fête à la maison.
Les bougies, ça change l’ambiance et c’est pas mal du tout pour jouer à cache cache, du coup, on a largement sauvé la planète jusqu’à 20 h 45 !
Bon, voilà une bonne chose de faite.
Dites donc, j’ai adoré ça moi, sauver la planète !
Qu’est ce qu’on sauve demain ?
Maintenant qu’on est chaud,‘faut pas mollir, c’est pas les trucs à sauver qui manque !
On pourrait, je ne sais pas, sauver la république, sauver la France, sauver le Paris Saint Germain …
Tous les soirs, sur le coup de 19 h 55, hop on se sauve un p’tit quelque chose histoire de ne pas perdre la main !
D’accord, d’accord, j’arrête.
C’était pas le but, sauver le monde, je sais bien que c’était « 5 minutes de répit pour la planète ».
5 minutes pour la planète, c’est pas beaucoup.
Quand on pense que même la femme a sa journée complète dans l’année…Et le cancer aussi !
Ah mais non, ça c’est des journées de lutte contre des fléaux nationaux, je confonds tout…
Oh, ça va hein !
De temps en temps, j’aime bien ce genre de blagues un peu lourdes, ça me rappelle mon enfance. Le tiercé, la blanquette du dimanche, le Salon de l’auto… Vous savez, cette France éternelle qui disparaît. J’étais gosse dans les années 60/70, mais on y percevait encore des relents d’années cinquante. Un oncle à mon père avait acheté une « Chambord ». C’est pas seulement un château de la Loire, c’est aussi une voiture avec des ailes pointues, un peu comme une bagnole américaine, mais à la Française, c’est-à-dire quand même beaucoup plus petite. Elle était blanche et bleue, avec des chromes partout : un vrai juke-box à roulette !
Ça devait bien faire du 20 litres aux 100 kms, mais à l’époque, avant le premier choc pétrolier, personne ne se souciait de ce genre de détails.
Si on avait imaginé qu’un jour on éteindrait les lumières pour donner 5 minutes de répit à la planète…
Il va falloir vivre autrement.
Changer nos échelles de valeurs, moins consommer, consommer différemment moins se déplacer inutilement, recycler…Mais ça ne va pas être de la tarte, parce qu’il y a encore beaucoup de gens qui ont une « Chambord » dans la tête.
Le premier combat à mener, il est contre la publicité. L’image du monde rêvé auquel tout un chacun est en « droit d’aspirer » est une folie, un cauchemar, une chimère, ( qu’on voit danser le long des golfes pas très clairs !).
Décrivons un monde de simplicités choisies, un monde dans lequel il n’y aurait pas besoin de 75 marques de shampoings différents. (Juste Ushuaia ça suffit, non ? Ah ah ah !)
Plus efficace que 5 minutes d’obscurité : 5 minutes de spot publicitaire, (cultivons les paradoxes !), pour proposer une alternative, réfléchir à une autre vie. Il faut se rentrer dans le crâne que notre niveau de vie d’occidentaux est suicidaire.
La simplicité, c’est moderne, c’est le concept de l’avenir.
Des voitures plus légères, plus petites avec des composants moins polluants, c’est ça qui est chic ! Des transports en communs performants, toutes ces sortes de choses…
On sait ce qu’il faut changer, le plus difficile, va être de changer soi-même d’état d’esprit.
A la base, le problème, c’est le recyclage des travailleurs. C’est très politique, il faut créer des emplois pour les mecs à qui on va dire : la voiture c’est caca, les armes c’est pas bien, les camions ça pue… Et même les gus qui bossent pour les 74 marques de shampoings qu’on va supprimer !
Tant que les valeurs dominantes seront le profit, la réussite sociale pour posséder encore plus, rien ne sera possible. Le jour où un type devenu riche ira s’acheter un beau vélo plutôt qu’une Mercedes, peut-être que la planète aura un peu de répit.
Ah oui, il faut que je vous dise, chez moi, le lobby écologiste est très puissant.
J’ai beau prétendre que c’est encore un coup des fabricants de cierges, qu’on est manipulé par le Vatican, ma fille et sa maman ont décidé de sauver un peu la planète de 19 h 55 à 20 h.
Ce qu’il y a de merveilleux avec les enfants, c’est que la moindre petite chose devient un événement et c’est la fête à la maison.
Les bougies, ça change l’ambiance et c’est pas mal du tout pour jouer à cache cache, du coup, on a largement sauvé la planète jusqu’à 20 h 45 !
Bon, voilà une bonne chose de faite.
Dites donc, j’ai adoré ça moi, sauver la planète !
Qu’est ce qu’on sauve demain ?
Maintenant qu’on est chaud,‘faut pas mollir, c’est pas les trucs à sauver qui manque !
On pourrait, je ne sais pas, sauver la république, sauver la France, sauver le Paris Saint Germain …
Tous les soirs, sur le coup de 19 h 55, hop on se sauve un p’tit quelque chose histoire de ne pas perdre la main !
D’accord, d’accord, j’arrête.
C’était pas le but, sauver le monde, je sais bien que c’était « 5 minutes de répit pour la planète ».
5 minutes pour la planète, c’est pas beaucoup.
Quand on pense que même la femme a sa journée complète dans l’année…Et le cancer aussi !
Ah mais non, ça c’est des journées de lutte contre des fléaux nationaux, je confonds tout…
Oh, ça va hein !
De temps en temps, j’aime bien ce genre de blagues un peu lourdes, ça me rappelle mon enfance. Le tiercé, la blanquette du dimanche, le Salon de l’auto… Vous savez, cette France éternelle qui disparaît. J’étais gosse dans les années 60/70, mais on y percevait encore des relents d’années cinquante. Un oncle à mon père avait acheté une « Chambord ». C’est pas seulement un château de la Loire, c’est aussi une voiture avec des ailes pointues, un peu comme une bagnole américaine, mais à la Française, c’est-à-dire quand même beaucoup plus petite. Elle était blanche et bleue, avec des chromes partout : un vrai juke-box à roulette !
Ça devait bien faire du 20 litres aux 100 kms, mais à l’époque, avant le premier choc pétrolier, personne ne se souciait de ce genre de détails.
Si on avait imaginé qu’un jour on éteindrait les lumières pour donner 5 minutes de répit à la planète…
Il va falloir vivre autrement.
Changer nos échelles de valeurs, moins consommer, consommer différemment moins se déplacer inutilement, recycler…Mais ça ne va pas être de la tarte, parce qu’il y a encore beaucoup de gens qui ont une « Chambord » dans la tête.
Le premier combat à mener, il est contre la publicité. L’image du monde rêvé auquel tout un chacun est en « droit d’aspirer » est une folie, un cauchemar, une chimère, ( qu’on voit danser le long des golfes pas très clairs !).
Décrivons un monde de simplicités choisies, un monde dans lequel il n’y aurait pas besoin de 75 marques de shampoings différents. (Juste Ushuaia ça suffit, non ? Ah ah ah !)
Plus efficace que 5 minutes d’obscurité : 5 minutes de spot publicitaire, (cultivons les paradoxes !), pour proposer une alternative, réfléchir à une autre vie. Il faut se rentrer dans le crâne que notre niveau de vie d’occidentaux est suicidaire.
La simplicité, c’est moderne, c’est le concept de l’avenir.
Des voitures plus légères, plus petites avec des composants moins polluants, c’est ça qui est chic ! Des transports en communs performants, toutes ces sortes de choses…
On sait ce qu’il faut changer, le plus difficile, va être de changer soi-même d’état d’esprit.
A la base, le problème, c’est le recyclage des travailleurs. C’est très politique, il faut créer des emplois pour les mecs à qui on va dire : la voiture c’est caca, les armes c’est pas bien, les camions ça pue… Et même les gus qui bossent pour les 74 marques de shampoings qu’on va supprimer !
Tant que les valeurs dominantes seront le profit, la réussite sociale pour posséder encore plus, rien ne sera possible. Le jour où un type devenu riche ira s’acheter un beau vélo plutôt qu’une Mercedes, peut-être que la planète aura un peu de répit.
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