Nofzew : à la jospin

Publié le par WENS


Merci à ceux qui m’ont encouragé à “ne pas fermer ma gueule pour trois connards”, mais il ne s’agit pas de ça. C’est vraiment difficile de me faire “fermer ma gueule”, mais l’ouvrir sur un blog, n’est pas non plus quelque chose de très héroïque.
 
Je tiens à vous demander pardon, militants de la gauche extrême que j’ai offensé, anciens révolutionnaires de 68 reconvertis dans la pantoufle, fantômes Trotskistes ou Staliniens, (je dois avouer que je n’y connais rien),  fonctionnaires qui en ont pris plein la tronche à la rentrée, les lecteurs de libé, les Baybayrouistes, les zoophiles...Et même le Sarkozien, et je ne parle pas du fonctionnaire Bayrouiste et zoophile qui lit libé en se demandant s’il ne va pas voter pour Sarkozy au deuxième tour !
Tous, je vous demande pardon pour mes outrances, mes jeux de mots foireux et mes fautes d’orthographes.
Mea culpa, maxima mea culpa !
J’ai changé, j’ai commis des erreurs, mais j’ai changé, j’ai pris conscience de la portée de mes propos, je suis apaisé, décontracté du gland, dans la plénitude de l’age, manucuré, briqué, maquillé comme une voiture volée, l'œil vif, l’oreille appareillée, les talonnettes aux pieds, je suis amour, je suis compassion, je suis ouvert à toutes propositions !
Calmons le jeu, cessons le feu, tout ça est pour de rire, même si je suis le seul à rire parfois, je ne force personne à me lire, ni à rester inscrit dans mon groupe d’envoi.
(Oh putain, c’est beau comme du Racine, vite un peu de vulgarité !)
Bon, où est-ce que je voulais en venir, moi ?
Ah oui, du coup j’ai reçu plein de lettres de soutien, comme un dissident russe aux portes du goulag !
 Des trucs marrants aussi, il y a un “ initié” qui m’a envoyé un laconique : “On dirait du Jospin”
Avec ça, j’ai passé plus de temps à répondre que si je ne m’étais pas retiré de la vie politique...Comme je suis incroyablement drôle et spirituel à chaque courrier, vous avez raté “ le meilleur de Wens” ...Hum, dois-je préciser que c’est du second degré ? Ah ouais, il y a le truc des lycéennes là  : )  pour les mal comprenant !
Ah, ben ça y est, je me suis fâché avec les cons et peut-être même les lycéennes, ce qui est plus grave !
Bon, vous êtes chatouilleux sur la politique, d’accord, c’est vrai, je suis de votre avis, la démocratie est un bien trop précieux pour la confier au peuple. C’est comme la liberté, c’est des trucs qu’il faut bien encadrer. La liberté, qu’elle soit d’expression ou de pensée, il faut pas lui laisser trop de mou sur la corde, sinon, elle divague, elle fait n’importe quoi. La liberté, si on veut qu’elle se tienne tranquille, le mieux c’est de lui mettre une bonne claque sur le museau de temps en temps.
D’abord,  moi aussi j’ai  fait mai 68 ! à 5 ans, j’étais sur une barricade.
Bon, c’est parce que la rue était bloquée et que mes parents devaient passer sur la barricade pour rentrer chez eux, d’accord, mais quand même...Si ça se trouve, c’est déjà plus que certains qui la ramènent avec ça !
Vous me faites marrer, c’est pas de notre faute si on étaient trop jeune et qu’on a raté la révolution manquée !
Alors, c’est sûr, aujourd’hui, on est des baltringues question culture politique. Chaque fois que je discute avec un mec qui à 10 ou 15 ans de plus que moi, pour peu qu’il ait croisé un CRS dans la rue dans les années soixante : en politique, il a tout compris, et je suis une brèle.
Je suis tellement nul, que cette élection 2007, c’est la première pour laquelle j’ai un ersatz de combat à mener, un chouia de choix de société pour lequel m’engager. 1981:  j’étais trop jeune pour voter. 1988 ; j’étais déjà déçu et il fallait juste éviter
Chirac. 1995 : Le choix, c’est Jospin contre Chirac Ouais super ! Qu’est-ce que c’est chouette ! 2002 : Ah, 2002, grande année pour la tartufferie.

 Ça peut faire sourire, qu’on ait que l’antagonisme Sarkozy/Royal à se mettre sous la dent, et qu’on ait envie de croire qu’on a quelque chose à y gagner, mais si cet engagement est dérisoire,et il l’est peut être,c’est aussi parce que vous êtes resté le cul sur votre chaise pendant 40 ans  . “ Ce n’est qu’un début, continuons le combat !”, tu parles Charles !...Quand je pense que vous avez engendré les Vincent Delerme...” Ouais, tu vois heu, papa il a fait la révolution, mais moi, j’ai mal au cœur quand je descends du trottoir !”.  C’est tout de même marrant que les fils des Rolling Stones, ce soient les Bisounours, non ?
Ah, mince, j’ai oublié que j’étais amour et compassion et plus sarcasme et blagues à deux balles !

Bon , en fait, je voulais vous faire passer ce texte de Ariane Mnouchkine qui est assez dans le sens de ce que je disais l’autre fois, mais en plus, comment dire, en plus...euh, disons théâtral ! ( en moins turlututuchapeaupointu aussi, quoique .). Ceux que j’ai énervé peuvent le balancer direct à la corbeille, c’est du même tonneau en pire ah ah ah !
Allez, Asta Luis Régo les amis !
 

« Je voudrais vous parler de sentiments. Car lors d'une élection présidentielle, et pour celle-ci bien plus que pour toute autre, il s'agit aussi de sentiments. Il s'agit d'étonnement d'abord, d'espoir, de confiance, de méfiance, de craintes, et de courage aussi. Il s'agit surtout, je crois, d'un sentiment de genèse. Je n'ai jamais cru que la Genèse fut terminée. Petite fille, je pensais même que, une fois grande personne, je serais fermement conviée à y participer. Et comme, à l'époque, aucun adulte autour de moi ne s'est cru autorisé à me détromper, je le pense toujours.


Certains hommes, certaines femmes, savent mieux que d'autres nous rappeler à notre droit et à notre devoir de contribuer à cette genèse, à cette mise au monde d'un meilleur monde. D'un meilleur pays, d'une meilleure ville, d'un meilleur quartier, d'une meilleure rue, d'un meilleur immeuble. D'un meilleur théâtre.
Mieux que d'autres, par leur détermination, leur ferveur, leur sincérité, leur intelligence, leur audace, ils nous incitent à entamer ou à reprendre avec joie un combat clair, juste, urgent, possible. Modeste pour les uns, gigantesque pour les autres, mais possible.



Pour libérer cet élan, il ne doit y avoir chez les prétendants aucune faconde, aucune forfanterie, aucune vulgarité de comportement, aucun mépris de l'adversaire. Aucune enflure pathologique de l'amour du moi. Aucune goinfrerie.  Aucune clownerie de bas étage, aucun double langage. Aucune mauvaise foi. Non, il doit y avoir une terreur sacrée. Oui. Ils doivent être saisis d'une terreur sacrée devant le poids écrasant de la responsabilité qu'ils ambitionnent de porter, devant l'attente du peuple dont ils quémandent le suffrage avec tant d'insistance. Oui, il faut qu'ils tremblent de la terreur de nous décevoir. Or, pour cela, il leur faut de l'orgueil. Car, sans orgueil, pas de honte. Pas de vergogne.



Que de fois, ces jours-ci, je me suis exclamée: «Oh! Il est vraiment sans vergogne, celui-là.» Eh bien, moi, j'espère, je crois, je sais que Ségolène Royal a de la vergogne et donc qu'elle est capable de grande honte si, une fois élue, elle ne réussissait pas à nous entraîner tous et chacun, où que nous soyons, du plus important des ministères jusqu'à la plus humble classe de la plus petite école de France, dans cet herculéen travail qui nous attend et qui consistera à recoudre, à retisser même par endroits, et à poursuivre la formidable tapisserie qu'est la société française. Cet imparfait, cet inachevé mais si précieux ouvrage que, par pure, ou plutôt par impure stratégie de conquête du pouvoir, Nicolas Sarkozy et ses associés s'acharnent à déchirer.

Donc, contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l'échec scolaire, et donc pour la culture, pour l'éducation et donc pour la culture, pour les universités, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu'à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l'Europe, pour une solidarité vraie, qu'on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s'arrêterait pas à une misérable frontière mais s'étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c'est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en ¦uvre. Et moi, je vote pour ce chantier, donc je vote pour Ségolène Royal.



Son adversaire surexcité veut nous vendre, nous fourguer un hypermarché, un vrai Shopping Paradise —très bien situé, remarquez, juste en face de la caserne des CRS, elle-même mitoyenne du nouveau Casino des Jeux concédé à ses amis lorsqu'il était ministre — tandis qu'un troisième… celui-là, à part être président, j'ai du mal à comprendre ce qu'il veut pour nous. Une hibernation tranquille, peut-être ? Pendant ce temps, celui que bien imprudemment certains s'obstinent à classer quatrième alors qu'il y a cinq ans… vous vous souvenez?

Ô ! Nos visages blêmes, nos mains sur nos bouches tremblantes et nos yeux pleins de larmes. Ô ce jour-là nos visages… les avons-nous déjà oubliés ? L'horreur de ce jour-là, l'avons-nous déjà oubliée? La honte de ce jour-là? Voulez-vous les revoir, ces visages? Moi, non.

Voilà pourquoi, même si je respecte leurs convictions, et en partage plus d'une, je ne veux pas que ceux qui pratiquent l'opposition radicale, jusqu'à en prôner la professionnalisation durable, nous entraînent dans leur noble impuissance.

Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules. C'est du luxe. Un luxe insolent aujourd'hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal-logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n'ont droit à rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n'héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour. Encore un tour. Jamais leur tour.



Alors, dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend. Allons-y, bon sang! Il n'y a plus une minute à perdre. Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement. Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j'aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante… Je parle des couleurs de l'Europe à qui nous manquons et qui nous manque. Voilà pourquoi je vote pour les travaux d'Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte. »



€ Ariane Mnouchkine €



 


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Publié dans blog.captain.arobase

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