Quoi de neuf docteur ?…

Publié le par WENS

Ah, mes chers petits lapins, je vous sens ramollis de l’indignation, vous aussi, je le vois bien aux courriers anti-H.P ( hyper-Prez ),que je ne reçois plus.
Tout ça pour ça ?
Toute cette énergie, tout ce temps consacré à battre la campagne avec pour seul résultat un président choisi par le peuple des téléspectateurs avachis.
Avouez qu’il y a de quoi avoir du mou dans la corde à n¦uds !
Emportées par un excès de frénésie républicaine, nos exhortations grandiloquentes à la mobilisation générale n’auraient eu pour effet que la révélation quasi biblique de la présence parmi nos voisins, nos amis, nos animaux de compagnie et même parfois nos employés de maison, d’idolâtres du petit homme à ressort ?
Ben oui, c’est à peu près la seule chose qui a vraiment changé.
Pendant quelque temps, le temps que les vainqueurs triomphants passent à la deuxième phase, celle des déçus pitoyables, il vaut mieux ne plus inviter les Ockrent à dîner.
Madame Couche Nerfs, à la rigueur, parce qu’elle est rigolote et bien élevée, mais certainement pas son pétomane de mari.
Je me suis toujours méfié des médecins, consacrer sa vie à soigner des humains m’a toujours semblé suspect. À la rigueur par amour du pognon, je peux le comprendre, mais, par pure philanthropie, c’est d’une rare perversion. Faire le deuil de son honneur pour servir la France qui se lève tôt, après avoir voulu faire la révolution, me chatouille également le scepticisme…( Vous aurez remarqué que j’utilise beaucoup « à la rigueur », c’est pour que vous pensiez à Raymond ! )
J’avais raison de me méfier.
Mon propre docteur a trahi. Un médecin de famille que je dorlotais et choyais depuis des années, entretenant une hypocondrie divertissante à seule fin de lui faire oublier les misérables scrofuleux qui étaient son lot quotidien.
(La fois où je suis devenu subitement sourd, celle où j’avais les doigts qui poussent, ou bien encore le coup de l’os du sternum qui gratte, habiles fantaisies qu’il appréciait à leur juste valeur car c’était un poète.)
Cet imbécile est disparu.
Comme n’importe quel humanoïde, les médecins sont parfois malades et je lui trouvais depuis quelque temps, l’air émacié du quidam qui est embarqué dans un drastique programme minceur dans l’intention, à l’aube de la soixantaine, de retrouver le tour de taille de ses vingt ans et qui n’avait pour résultat que de lui donner la mine réjouit d’un iggy Pop sous vitaminé.
Farouchement optimiste, j’en ai déduit illico qu’il avait un cancer.
C’est la raison pour laquelle je ne fus nullement surpris d’apprendre à la rentrée qu’il faudrait désormais péricliter entre les mains de son successeur.
 Des trémolos dans la voix, je m’apprêtais à composer en son honneur une oraison funèbre en alexandrins, louant son génie minimaliste qui lui fit durant de nombreuses années me trouver en pleine forme malgré mes divagations hypocondriaques.

Et voilà t’y pas que la rumeur publique, laquelle était gaillardement partie arpenter mes terres de Gascogne avec au bec mes supputations funèbres, me revient avec une célérité de balle de jokari.
Point de trépas pour ce docteur qui m’abuse, mais l’abandon d’un cabinet de médecin de campagne, pour une spécialisation plus lucrative en ville.
Môssieur nous abandonne pour faire dans le psychologique !
Quand je pense que si ça se trouve, c’est moi qui lui en ai donné l’idée…
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Publié dans blog.captain.arobase

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